Archives de Tag: don d’ovules

Appeler un chat un chat!

Bien que les technologies de la reproduction ne datent pas d’hier, la langue n’a pas encore su s’adapter à cette réalité. Lorsqu’on parle de procréation assistée, on utilise généralement un vocabulaire truffé d’euphémismes qui peuvent devenir offensants pour certains. Il m’arrive de les utiliser, lorsque je n’ai pas de solution de rechange, ou juste pour faire plus court que la langue de bois. Dans ce cas-là, j’abuse des guillemets (ou des parenthèses). Désolée si ça peut devenir lourd à lire!

Voici donc quelques termes que je considère mal utilisés, imprécis ou simplement inappropriés. N’hésitez pas à commenter pour me faire part d’autres termes qui vous choquent parfois, j’ai l’intention de faire d’autres entrées de blogues sur ce sujet éventuellement.

Donneur

Le terme donneur introduit la notion de don. Or, actuellement, la majorité des « donneurs » de gamètes sont rémunérés, ce qui va un peu à l’encontre du terme. Même dans les pays où la loi interdit la rémunération des fournisseurs de gamètes (comme c’est le cas ici, au Canada), ces derniers ont droit à des « compensations » qui peuvent se faire sans présentation de factures et qui peuvent couvrir bien plus que le ticket de stationnement et le repas au restaurant. On voudrait bien croire qu’ils ne le font que par pur altruisme, ce n’est pas le cas. C’est financièrement intéressant de faire un don de sperme, même lorsqu’on n’est pas officiellement rémunéré.

Il faut aussi savoir que la majorité du sperme utilisé à l’heure actuelle par les cliniques de fertilité québécoises provient des banques de sperme étasuniennes. Parfois, c’est indirectement, par l’entremise d’une banque canadienne, mais les « donneurs » son bel et bien Étasuniens, et ils sont grassement payés pour leur « don ».

Par ailleurs, je suis aussi choquée lorsqu’on dit que l’homme qui a fourni les gamètes pour me donner la vie est mon donneur. À moi, il n’a rien donné. C’est le donneur de mes parents. Si son « don » a été fait dans un élan de générosité, celui-ci était dirigé envers mes parents et non envers moi. Si quelqu’un a une dette envers lui, ce sont mes parents, pas moi. Aussi bête que cela puisse paraître, je n’ai pas demandé à venir au monde.

Bébé-éprouvette

« Je suis un bébé éprouvette. » Au secondaire, je trouvais que ça faisait vraiment cool de dire ça. J’étais spéciale, ça faisait de moi un humain différent de tous les autres qui m’avaient précédée.

Mais j’ai grandi. Je me suis mise à détester la science, car je croyais que les scientifiques étaient des gens qui font des « découvertes » sans se soucier des sentiments des gens qui étaient impliqués dans leurs projets. J’étais Frankenstein. J’avais honte d’être un bébé-éprouvette.

Un bébé, c’est un être humain à la base. Ça devient un adulte. En me confinant au titre de bébé-éprouvette, on me confine au titre de mineur. Or j’ai 31 ans. Je ne suis plus un bébé, je peux prendre des décisions pour moi-même et je sais mieux que quiconque ce qui est bien pour moi.

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Vous avez dit des normes?

Quand je parle des dérives potentielles de la conception avec l’apport d’une tierce partie à des gens qui envisagent cette méthode pour devenir parents, on me dit souvent que les problèmes que je soulève sont inexistants, que tout cela est « très contrôlé » par des lois et des règlements, et qu’aucune clinique, aucun médecin ne risquerait son droit de pratique en y dérogeant. Regardons donc de plus près ce qui encadre le don de gamètes au Québec…

Il y a bel et bien une loi au Québec en matière de procréation assistée. Toutefois, cette loi n’indique pas de nombre maximum de descendances qu’un « donneur » peut engendrer. À ce titre, il n’y a que des guides de bonnes pratiques qui peuvent être appliquées, mais tout ceci est laissé à la discrétion des centres, et absolument rien n’est vérifié en matière de dons de gamètes.

À l’heure actuelle, il n’y a pas vraiment de banque de sperme québécoise. Certains centres disent en avoir, mais elles sont souvent très peu de « donneurs » et répondent à la demande en achetant de banques canadiennes ou étasuniennes (les banques canadiennes s’approvisionnent aussi souvent aux États-Unis). On se retrouve donc avec des « donneurs rémunérés », sélectionnés selon les normes et les lois en vigueur chez nos voisins du Sud; des paillettes congelées qui voyagent d’un centre à l’autre selon certains accords plus ou moins organisés et avec une traçabilité douteuse. Or, il n’y a pas de lois sur la procréation assistée au pays de l’oncle Sam. Certains états peuvent légiférer en la matière, mais grosso modo, c’est le far west.

L’American Society of Reproductive Medicine a bel et bien un « guide de bonnes pratiques » que chacun est libre de respecter ou pas. En termes de nombre de descendances possibles par « donneur », on recommanderait un maximum de 25 enfants par tranche de 800 000 de population. Pas si pire pourrait-on croire…

Cela signifie qu’au Québec seulement, un « donneur étasunien » pourrait avoir 255 enfants. On est loin des familles supposément nombreuses de nos arrières grand-mères! Et ce n’est pas tout; le même homme pourrait également avoir 258 enfants dans la ville de New-York, 425 en Ontario et 1198 en Californie. Tout cela en respectant un guide de « bonnes pratiques ».

Imaginez que vous réalisez un bon matin que vous êtes l’un de ces enfants…

Si notre province est si « en avance » avec son programme « gratuit » et « universel » de procréation assistée, pourquoi ne légifère-t-elle pas en la matière au lieu de laisser aller au gré des lois du marché un problème qui pourrait bien vite affecter la santé publique?

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Payer ou ne pas payer, telle est la question!

J’attendais avec impatience cet automne la décision du gouvernement par rapport au maintien ou non et aux modifications du programme québécois de procréation assistée. On commence à en avoir des échos, et là, je me dis qu’il serait temps que je fasse le point sur mon opinion à ce sujet. Rappelons que le Commissaire à la Santé et au Bien-Être a tenu une consultation publique l’an dernier et son rapport est sorti cet été. Dans son rapport, le CSBE considérait que le programme n’était ni viable d’un point de vue économique, ni socialement acceptable dans sa forme actuelle. Il proposait donc plusieurs modifications, certaines très intéressantes, d’autres assez controversées, afin d’améliorer la situation.

Le Ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait laissé toutes ses options ouvertes: de l’abolition totale du programme (fort peu probable selon moi, après tout l’argent qui a été investi pour offrir des services de fécondation in vitro dans les hôpitaux publics) à la tarification des services selon le revenu des utilisateurs. C’est cette dernière option qui semble avoir été retenue selon ce qu’on lit dans les médias en ce moment.

Je suis rassurée que le programme ne soit pas totalement abandonné parce que je suis absolument contre l’abolition de ce programme. Pas pour des raisons financières, pas parce que je suis sensible à la cause des couples infertiles, non; parce que je pense à ce que ça aura comme effet sur les générations futures de personnes nées de la procréation assistée. J’ai très peur des dérives qui viennent inévitablement avec la marchandisation du corps humain, de la vie, de la conception. Je ne suis pas devenue une activiste pro-vie, loin de là. Je pense simplement que de réserver l’accès aux services de procréation assistée à ceux qui ont les moyens de payer créera inévitablement des problèmes pour ceux qui n’ont pas les moyens mais qui veulent désespérément avoir des enfants, et bien entendu, leurs enfants en souffriront beaucoup plus. Lorsque l’avortement n’est pas accessible dans une société, c’est là qu’on a des histoires sordides de broches à tricoter ou de cintres en métal. Lorsque la procréation assistée n’est pas disponible, certaines personnes vont se tourner vers des solution douteuses également. Le tourisme procréatif par exemple: ça coute beaucoup moins cher d’aller se faire faire une FIV au Mexique ou d’y engager une mère porteuse, on ne s’enfarge pas dans les fleurs du tapis avec la réglementation, on veut croire que c’est sécuritaire. Même ici, on risque de proposer des services à rabais pour ceux qui ne veulent pas payer. Trop cher la FIV? On va vous faire une insémination avec un donneur anonyme pas cher (un fond de tank d’une banque de sperme américaine, un homme « fiable » qui a payé la bière bue pendant ses études en engendrant une centaine d’enfants de par le monde).

L’un des arguments qui a été avancé lors de la mise en place du programme était la réduction des grossesses multiples découlant de la FIV. En effet, lorsqu’on paie plusieurs milliers de dollars pour une FIV, on veut être certains que ça fonctionne du premier coup, et tant qu’à faire, compléter notre famille plus rapidement à coup de 2 ou 3 bébés. Cela a bien entendu un effet sur le nombre de grossesses « à risque » qui devront être prises en charge par le système de santé publique, mais augmente aussi le risque de complications qui peuvent avoir des conséquences graves sur les enfants qui naitront de ces interventions. On s’est dit que si c’était le gouvernement qui payait, qu’on aurait le droit de dire aux médecins qu’ils n’avaient pas le droit d’en implanter plus d’un à la fois. On n’a pas vraiment financé le programme avec ça pour plusieurs raisons vraiment prévisibles, mais on a quand même réduit le nombre de grossesses multiples associées aux transferts d’embryons multiples. Et ça, ça m’intéresse…

Si le gouvernement paie pour les traitements de fertilité, il se donne le droit de réglementer. Si on maintient le programme de procréation assistée au Québec, on aura le droit d’imposer une réglementation qui le rendra plus socialement acceptable. Les descendants de la procréation assistée ne sont pas encore assez nombreux à prendre la parole; pour l’instant, on n’entend que les couples infertiles (et une couple de chiâleux qui ne veulent pas payer). Cependant, je pense que plus on sortira de l’ombre, plus notre point de vue pourra être pris en considération, au même titre que celui des couples infertiles qui oublient parfois que leur enfant si chèrement payé, si durement gagné, deviendra un adulte capable de réfléchir pour lui-même à un moment donné, et capable de se rendre compte que ce programme le concerne beaucoup plus que ses parents en réalité. On pourra faire comprendre au monde que l’anonymat des fournisseurs de gamètes est nocif et dangereux, que le secret pourrit nos relations familiales, et que les médecins en fertilité et les banques de gamètes utilisent notre désespoir pour se remplir les poches.

J’espère que dans sa réforme du programme de procréation assistée, le Dr Barrette tiendra compte des recommandations du CSBE, particulièrement celles qui ne visent pas nécessairement à diminuer les couts du programme. Du reste, Monsieur le Ministre, j’aimerais bien ça vous rencontrer un de ces jours…

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Petit guide pour la recherche de ses origines (1ère partie)

Voilà, vous savez que vous avez été conçu avec l’aide de gamètes étrangères, et soudainement, c’est devenu important pour vous d’en savoir plus sur vos origines. Vous croyez que c’est impossible, tout le monde vous a dit que l’anonymat des donneurs devait être respecté à la lettre, que vos dossiers ont été détruits ou qu’ils n’ont jamais existé, que ça ne changera rien à votre vie de savoir (pfff!), que vous ne devriez pas perdre votre temps avec ça… Mais, comme moi, il y a encore quelque chose au fond de vous qui accroche, une petite voix qui crie à l’injustice. Si les adoptés peuvent faire des recherches, pourquoi pas vous?

En effet, tout est possible! Sur les différents groupes de personnes issues de « donneurs » que je fréquente, je lis régulièrement des histoires de gens qui ont réussi à trouver des demi-frères/sœurs, si ce n’est pas carrément leur géniteur. Des gens de mon âge, mais aussi des plus vieux (certains pourraient être mes grand-parents!) et des plus jeunes. Certaines recherches demandent beaucoup d’efforts, d’autres sont rapidement couronnées de succès par un événement totalement improbable. Il faut savoir qu’à l’ère de l’ADN, des technologies de l’information et des réseaux sociaux l’anonymat n’est plus vraiment possible. Certaines personnes n’arrivent évidemment jamais à trouver quoi que ce soit de tangible, mais en général, on peut trouver plus d’information qu’on ne le croit.

J’essaie ici de donner quelques pistes de recherche dans le monde extrêmement vaste et méconnu qu’est l’histoire de la procréation assistée. Partout, on va vous parler de ce qui se fait à l’heure actuelle, mais on « oublie » souvent volontairement les pratiques qui ont été faites par le passé. Ces pratiques font partie de notre histoire, c’est à nous de la documenter maintenant!

Notez toutefois que les différents outils dont je vais vous parler sont en constante évolution. Si vous relevez une inexactitude, un changement ou si vous faites une découverte intéressante, je vous serais très reconnaissante de communiquer avec moi afin que je puisse mettre ces données à jour.

Pour commencer

Avant de vous inscrire partout, de payer des tests d’ADN et de cogner à toutes les portes, essayez d’amasser le plus d’information possible auprès de vos parents. C’est souvent très difficile pour eux d’aborder ce sujet, ils seront probablement déstabilisés par vos questions, mais ce sont eux qui sont les premiers détenteurs de l’information de base dont vous avez besoin. En général, votre mère aura accès à plus d’information que votre père, le dossier médical, s’il existe, est à son nom, c’est donc la seule personne qui peut légalement y accéder. Vous aurez aussi besoin de support moral extérieur à votre famille. Entourez-vous de gens de confiance qui comprendront le sens de votre quête et ne se sentiront pas menacés par celle-ci. Si vous êtes un peu comme moi, vous aurez besoin de ventiler souvent!

Quoi demander à vos parents? D’abord, tout ce dont ils se souviennent. Demandez-leur de vous raconter précisément leur expérience en clinique de fertilité. Un détail anodin de l’histoire pourrait vous mettre sur une piste. Il n’auront probablement pas retenu précisément les informations utiles (ma mère a même pratiquement oublié le nom du médecin qui a pratiqué l’intervention et ne sait pas s’il y avait un numéro de donneur…), mais certaines choses pourront vous guider. Soyez patients, même si c’est parfois pénible et frustrant à entendre comme histoire. C’est probablement un moment où vos valeurs seront bouleversées, pour moi, ça a été l’un des moments où je me suis sentie le plus objectivée et traitée comme un bien de consommation de toute ma vie.

Détails à retenir ou à soulever

  • Sperme frais ou congelé
  • Numéro de donneur
  • Banque de sperme d’où provenait la semence (si ça s’applique)
  • Critères de sélection du donneur
  • Date de conception (vous pourrez aussi la déduire ou en avoir une idée plus claire si vous faites venir votre dossier de naissance)
  • Nom de la clinique ou de l’hôpital où vous avez été conçu et où vous êtes né
  • Nom du médecin qui a pratiqué l’intervention
  • Nom de toute personne qui travaillait à la clinique dont vos parents se souviennent (infirmière, embryologiste, psychologue, secrétaire, réceptionniste, concierge, etc.)

Il pourrait aussi être utile de connaitre le groupe sanguin de vos parents et le vôtre et de faire un peu de génétique mendélienne cheapette si vous arborez certains traits dominants ou récessifs évidents (fossette, yeux bleus, cheveux frisés, etc.).

Frais ou congelé: une question essentielle!

La congélation du sperme est une technologie pas aussi récente qu’on ne le croit. Déjà, dans les années 60, certaines cliniques l’utilisaient. Toutefois, étant donné que ça engendrait des couts et des manipulations supplémentaires, la majorité des cliniques utilisaient du sperme frais quand c’était possible. C’était avant qu’on ne sache quoi que ce soit à propos du VIH/SIDA et de plein d’autres maladies transmises par le sperme. Les femmes qui ont subi des traitements de fertilité à cette époque n’avaient pas idée à quel point elles pouvaient être à risque de contracter des maladies aussi dangereuses. Jusque tard dans les années 80, le sperme frais était employé dans plusieurs cliniques québécoises. L’homme venait faire son « don » à la clinique le même jour que l’insémination, mais on s’organisait pour qu’il ne puisse pas croiser les parents intentionnels.

Le sperme frais était surtout utilisé pour des inséminations vaginales, où le sperme était déposé à l’entrée du col de l’utérus sans le traverser, tandis que le sperme congelé servait généralement pour les inséminations intra-utérines, de l’autre côté du col, ou pour des fécondations in vitro, plus tard. Si votre mère ne sait pas exactement si c’était frais ou congelé, elle devrait savoir quel type d’insémination elle a eu.

C’est important de savoir si vous avez été conçu avec du sperme frais parce que ça va orienter toute votre recherche par la suite.

Si vous avez été conçu avec du sperme frais, vous pouvez être certain que votre géniteur était présent à la clinique le jour de votre conception. Vous pouvez déduire qu’il était relativement jeune à ce moment-là (souvent entre 18 et 30 ans, pas plus). On recrutait souvent des étudiants universitaire, généralement en médecine, mais aussi dans d’autres domaines. Vous pourrez aussi être rassurés sur le nombre potentiel de demi-frères/sœurs que vous pourriez avoir. En effet, cette façon de faire limitait considérablement le nombre de « dons » qu’un homme pouvait faire. Si l’homme en question n’a pas eu de descendants « légitimes », il est probable que vous êtes le seul ayant bénéficié de ses gènes, bien que ce ne soit pas garanti à 100%. Dans toute l’histoire de la procréation assistée, il y a plusieurs cas documentés de donneurs prolifiques (souvent gynécologues eux-mêmes) ayant engendré des descendances trop nombreuses sans se douter que quelqu’un pourrait réaliser quoi que ce soit.

Si vous avez été conçu avec du sperme congelé, là, c’est plus compliqué. Vous pourriez très bien être issu d’une grande banque de sperme des États-Unis, comme c’est possible (mais moins probable) que votre géniteur soit québécois. Le sperme congelé a une durée de conservation presque éternelle, ce qui fait que votre géniteur pouvait avoir arrêté de « donner » depuis un bon bout de temps au moment de votre conception. De plus, en congelant le sperme, il est possible de faire plusieurs « doses » avec un seul éjaculat. Il est aussi possible pour un homme de faire beaucoup plus de dons tout au long de sa vie, étant donné qu’il n’a pas à synchroniser ses visites avec le cycle d’une patiente. Si c’est votre cas, vous aurez fort probablement un numéro de donneur, ce qui vous aidera grandement dans vos recherches. Il y a aussi fort à parier que vous ayez de nombreux demi-frères/sœurs un peu partout au Canada, aux États-Unis et même ailleurs dans le monde.

Dossiers médicaux

Si vos parents ne se souviennent que de très peu de détails concernant votre conception, il est probable que des dossiers médicaux contiennent des informations qui vous seront précieuses.

La première démarche facile à faire est de demander votre dossier de naissance, incluant la « feuille d’accouchement », à l’établissement où votre mère a accouché. Pour cela, vous n’avez pas besoin de l’accord de votre mère puisque vous étiez au monde au moment où ça a été rédigé. Vous devrez vous informer aux archives médicales de l’établissement sur la manière de formuler une demande. Normalement, il n’y a pas de frais pour cela, mais on peut vous faire payer pour des photocopies ou des frais de poste.

Le dossier de naissance ne comprendra généralement pas d’information sur votre géniteur, mais vous aurez, outre certains trucs intéressants comme l’heure de votre naissance et le déroulement général de celle-ci, la date des dernières règles de votre mère ainsi que sa date prévue d’accouchement. Ces deux informations vous permettront de déduire assez précisément votre date de conception.

Vous aurez ensuite besoin de votre mère pour demander votre dossier de conception. Avec elle, il faudra présenter une demande aux archives médicales de la clinique où vous avez été conçu. Si la clinique n’est plus en fonction, il faut vous informer de l’endroit où sont conservées ses archives; légalement, un autre établissement doit en avoir pris la responsabilité.

Le même processus s’applique que pour le dossier de naissance, seulement, c’est votre mère qui devra signer les demandes et qui recevra les informations. Il est possible que les dossiers n’existent plus puisque l’insémination artificielle n’est pas une chirurgie et ne nécessite pas d’hospitalisation. Avant les années 90, on ne conservait pas beaucoup d’information dans les dossiers médicaux.

Autres démarches

Si c’est possible pour vous de contacter le médecin ou l’infirmière de la clinique où vous avez été conçu, faites-le! Demandez le plus d’information possible, faites-les parler. Sans demander directement l’identité de votre géniteur, il est possible qu’ils aient des informations « non-identifiantes » ou qu’ils vous parlent des critères de sélection qu’ils appliquaient, de comment ils recrutaient, etc. Il est probable qu’ils ne voient pas votre demande d’un très bon œil, mais il est aussi possible qu’ils soient emballés par votre projet de recherche. Vous ne saurez pas si vous ne demandez jamais!

La suite

Avec ces informations en main, il vous est plus simple de décider vers où enligner vos recherches. Il existe des compagnies étasuniennes (23andMe et Family tree DNA) qui vous permettent d’avoir plein d’informations sur votre ADN avec un simple échantillon de salive. Il y a aussi des registres gratuits (donorchildren) et payants (Donor sibling registry) qui peuvent aussi être utiles à différents égards, tout dépendant de l’information dont vous disposez. Vous aurez aussi probablement à vous familiariser avec les différents registres de généalogie par l’entremise d’une société d’histoire et de généalogie.

Si vous comprenez et écrivez l’Anglais, je vous conseille fortement de vous inscrire sur les principaux groupes de personnes issues de « dons » de gamètes. Je peux vous fournir une liste si vous me contactez. Il y a dans ces groupes des personnes qui ont beaucoup d’expérience dans ce type de recherches et qui peuvent vous aider.

La prochaine partie de ce petit guide traitera des différents sites de test d’ADN et des différents registres. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à écrire un commentaire ou à me contacter par courriel à lacigognedemasquee@gmail.com

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Aux parents par « don » de gamètes

Contrairement à ce qu’on pourrait croire en lisant mes nombreuses montées de lait, je ne suis pas contre le traitement de l’infertilité, ni contre la procréation assistée. Je pense simplement que les choses pourraient être faites autrement, avec un plus grand respect pour les personnes qui seront ainsi conçues. Je crois aussi fermement qu’il faut qu’on en parle plus, qu’il faut démystifier la question, mieux informer les gens, faire preuve d’ouverture. La honte et le secret n’ont pas leur place dans ce débat; trop de gens restent dans le placard avec leurs idées bien arrêtées et manquent plusieurs opportunités d’évoluer, de se remettre en question, de grandir.

Je suis bien consciente que beaucoup de parents intentionnels continueront d’utiliser la reproduction avec l’apport d’une tierce partie pour concrétiser leur « projet parental ». Ce n’est pas un choix que je ferais personnellement, en toute connaissance de cause, mais je peux respecter ceux qui le feront.

Pour ceux qui choisiront d’utiliser les gamètes d’un étranger ou d’une étrangère pour concevoir leur enfant, pour ceux qui ont déjà fait ce choix, je tiens à soulever trois problèmes essentiels en lien avec cette pratique. Ce ne sont pas les seuls, mais comme point de départ, je crois que cette réflexion s’impose.

Le secret nuit à votre enfant et à l’adulte qu’il deviendra, de même qu’à votre famille

J’ai beaucoup de mal à concevoir qu’encore aujourd’hui, certains parents  par « don » de gamètes se demandent s’ils devraient dire la vérité à leur enfant au sujet de leur conception. C’est selon moi un manque total de respect envers lui que de lui cacher une information aussi cruciale qui le concerne directement. De toute manière, la vérité finit toujours par sortir, et pas toujours dans les meilleures circonstances: lors d’une chicane de famille, suite à un test médical ou par la bouche d’une matante en boisson, sans compter la sensibilité naturelle de certaines personnes qui vont ressentir que quelque chose ne tourne pas rond. J’ai pour ma part toujours eu la très nette impression d’aussi loin que je me souvienne, qu’il y avait quelque chose que tout le monde savait que moi je ne savais pas. Bien avant que je commence à me douter de quelque chose parce que j’étais la seule de ma famille à avoir un groupe sanguin A (tout le monde est O chez nous), bien avant que je réalise que mes yeux verts sortaient de nulle part, et bien avant que ma mère ne me dise la vérité alors que j’avais 12 ans, je me sentais étrangère dans ma propre famille.

Apprendre « sur le tard » qu’on n’est pas biologiquement lié à l’un de nos parents peut avoir des conséquences désastreuses non seulement sur le développement de notre identité, mais aussi sur la manière dont on entre en relation avec les autres humains, sur notre capacité à faire confiance, sur notre estime personnelle. Le premier lien de confiance qu’un enfant développe dans sa vie, c’est celui avec ses parents. De nombreuses études confirment l’importance de cet attachement. C’est extrêmement traumatisant d’apprendre que cette relation était basée sur un mensonge (ou sur une omission volontaire). Ça vient ébranler le fondement même de ce que l’on est, de ce que l’on croit être, de ce que l’on ne sait plus. On ne sait pas toujours qui sait, qui ne sait pas, qui l’acceptera et qui nous rejettera, à qui on peut faire confiance, à qui on peut se confier, qui risque de nous trahir encore… On peut choisir de faire comme si de rien n’était, de tout balayer sous le tapis, exactement comme c’était avant qu’on l’apprenne, mais ça nous rattrape un jour ou l’autre, et il faut finalement y faire face pour mieux l’assumer.

« Quand est-ce qu’on doit le dire? » me demanderez-vous. Tôt et souvent. Tôt comme dans in utero. Souvent comme à tous les jours (bon à un moment donné, ça devient acquis et on peut en parler seulement une fois par mois…). Il faut grandir avec cette vérité, qu’elle ne soit pas un tabou. Les couples infertiles doivent régler leurs bibittes avant de faire des enfants. Il faut que vous fassiez le deuil de votre fertilité, comme dans le cas de l’adoption. Il faut que ce soit acquis pour vous que votre enfant n’est pas lié génétiquement à l’un de vous, et que vous soyez prêts à ce que la vérité sorte devant tout le monde: le médecin comme la coiffeuse, l’éducatrice en garderie comme le concierge de l’immeuble. Soyez-en fiers, assumez le choix que vous avez fait. Le secret mène trop souvent à la honte, et vous ne voulez surtout pas que votre enfant ait honte d’exister.

Il n’est jamais trop tard pour être honnête envers votre enfant. Parfois, le manque d’information et d’accompagnement, le contexte social et culturel ou autre chose retiennent les parents. Néanmoins, je crois fermement que mieux vaut tard que jamais. J’en ai voulu à ma mère de m’avoir menti pendant 12 ans; mais je lui suis tellement reconnaissante d’avoir finalement reconnu que c’était plus sain pour moi que je sache la vérité. Je ne dis pas que ce sera facile, mais c’est un mal nécessaire. Avec un support psychologique adéquat, avec le temps, on gagne en maturité et on arrive à comprendre.

Et si le côté « psycho » n’est pas votre fort, sachez que pour des raisons médicales, c’est important qu’une personne soit au courant qu’elle est issue d’un « don » de gamètes. Le commun des mortels ne réalise pas combien de fois par année une personne se fait demander si elle a des antécédents de tel problème ou de telle maladie dans sa famille. Ce n’est pas tout le monde qui a accès à ces informations, j’en conviens. Je crois quand même qu’un « je ne sais pas » dans notre cas est plus approprié qu’un tissus de mensonges. Il y a aussi le risque de consanguinité lorsque vient le temps de fonder notre propre famille. Les banques de sperme vont vous dire que ce risque est presque nul, mais il est néanmoins plus grand que pour le reste de la population « normalement » conçue. Il y a des « guides de bonnes pratiques » en la matière, mais ils ne sont jamais suivis à la lettre, et même lorsqu’il y a de la réglementation, il n’y a aucune autorité qui effectue des vérifications et qui applique des sanctions. La consanguinité est gérée avec beaucoup plus de rigueur chez les bovins laitiers que chez les humains. Ce n’est pas très rassurant de se savoir issu d’insémination artificielle, mais en être conscient nous permet d’être plus vigilants…

L’anonymat est néfaste pour tout le monde

Je suis malheureusement bien consciente que le programme québécois de procréation assistée ne rembourse pas le sperme non-anonyme. Il faut savoir que le sperme actuellement utilisé au Québec provient majoritairement de banques étasuniennes (où aucun suivi ni aucune réglementation ne sont imposés et où les « donneurs » sont grassement rémunérés). Les parents qui pourraient être sensibles à la question sont fortement encouragés à utiliser du sperme anonyme, et la machine à désinformation au sujet des supposés dangers d’utiliser des gamètes non-anonymes fonctionne à plein régime. Pourtant, je suis convaincue qu’il est beaucoup plus sécuritaire d’utiliser du sperme de « donneur » ouvert, et je déplore le manque de vision à long terme des fonctionnaires qui ont décidé de faire des économies de bouts de chandelles en décidant de ne payer que pour le sperme anonyme.

Habituellement, les parents intentionnels souhaitent avant tout un enfant en santé. Le dossier médical des potentiels fournisseurs de gamètes doit donc être sans taches, ce que les cliniques s’empressent d’assurer à leurs clients, bien qu’ils n’ont pas fait les vérifications eux-mêmes. Or, les antécédents médicaux sur la fiche du « donneur », c’est une photo prise à une certaine époque, souvent quand la personne est encore relativement jeune et en santé. Après le « don » (ou plus exactement les « dons »), aucun suivi n’est effectué. Le fournisseur de gamètes pourrait bien développer une maladie héréditaire à l’âge de 40 ans qu’on n’en saurait absolument rien. Même s’il prenait la peine d’avertir la banque de sperme (ce qui est très improbable), celle-ci ne fera jamais l’effort de retracer tous les descendants pour les avertir, surtout si ceux-ci sont basés outre-mer. Des situations semblables se sont déjà produites, et de nombreuses personnes ne sauront jamais qu’elles sont porteuses d’une malformation cardiaque, qu’elles ont un risque accru de développer un cancer du côlon, ou qu’elles pourraient transmettre ces gènes à leurs enfants.

On suppose aussi que les potentiels « donneurs » sont honnêtes lorsqu’ils donnent leurs informations. Cependant, j’ai un doute sur l’honnêteté absolue d’une personne qui est rémunérée pour sa contribution (rappelons-nous que les « donneurs » proviennent des États-Unis où ils sont toujours rémunérés) et qui demande de rester anonyme pour toujours…

Au-delà des données de santé, il y a le risque de consanguinité dont j’ai brièvement parlé plus tôt. On nous dit que des normes sur le nombre de descendances par donneurs sont strictement appliquée, or, il n’y a aucune autorité indépendante qui effectue des vérifications. Chez nos voisins du Sud, lorsqu’une banque nous dit qu’on a assez donné, on peut aisément se tourner vers une autre banque pour « donner » à nouveau. Même ici, ce serait une possibilité, puisqu’il n’y a aucun fichier centralisé qui répertorie les donneurs (qui sans être rémunérés à proprement parler, sont assez bien dédommagés).

Mais supposons que je nage en pleine paranoïa et que tout ce beau monde est parfaitement honnête et agit uniquement par pur altruisme, avec une rigueur exemplaire dans l’application des normes (qui existent, là, on s’entend!). Il reste qu’une personne issue d’un géniteur prolifique a plus de chances de tomber sur une personne qui lui est apparentée qu’une personne qui a été conçue de la bonne vieille manière (et ça inclus les adoptés). On calcule les risques de consanguinité en ne considérant que les descendants directs, autrement dit, le risque d’inceste involontaire entre demi-frères/sœurs. Or, on évacue les probabilités qui existent entre cousins (et ces derniers ont encore moins de chance de savoir que leur oncle a été donneur de sperme à une certaine époque), ou entre les enfants des enfants issus d’un même géniteur. Le risque est d’autant plus élevé dans la population québécoise dite « pure laine » qui présente une diversité génétique très limitée comparativement à beaucoup d’autres populations du monde.

Vous me direz que de faire des enfants entre cousins, ce n’est pas si grave que ça, et je vous répondrai que j’éprouve quand même une certaine forme de dégout face à cette idée. Je ne suis peut-être juste pas encore « rendue là » dans mon ouverture d’esprit…

Il reste que de savoir le nom de mon géniteur me permettrait de limiter les risques de consanguinité pour moi (bon, je suis déjà en couple, le mal est peut-être fait!) et pour mes enfants.

Par ailleurs, je trouve dommage qu’on considère l’apport d’un « donneur » comme purement matériel. Lorsqu’une personne fournit les gamètes nécessaire au projet parental d’autrui, elle transmet la moitié de son code génétique à une autre personne. Elle fournit à sa progéniture l’un des deux liens qui l’unit biologiquement au reste de l’humanité, ce qui fait que Pinocchio deviendra un vrai petit garçon et non une marionnette sans vie remplie des désirs de son créateur. Pour moi, bien que cette personne ne soit pas mon père, elle a une importance capitale dans ma vie. Je souhaiterais pouvoir mettre un nom, un visage sur cette vague idée que je me fais d’elle. Autrement, je me sens « artificielle » et déconnectée.

Ce ne sont pas toutes les personnes issues de gamètes étrangères qui ressentiront le besoin de faire des recherches pour trouver l’identité de leur géniteur, cependant, c’est une marque de respect que de leur laisser cette possibilité, que ça leur appartienne. Pendant une grande partie de ma vie, je me suis convaincue que je n’avais pas besoin de cela. Puis, un jour, c’est devenu important, crucial, voire même viscéral. C’est comme cela, on ne peut pas savoir ce que l’on ressentira dans 20 ou 30 ans. Mieux vaut garder ses options ouvertes que de couper des ponts…

Les cliniques de fertilité ne sont pas des organismes de charité mais bien des entreprises à but lucratif…très lucratif!

Il n’y a pas de mal à vouloir gagner sa vie, à demander de se faire payer pour un service que l’on rend. Dans notre société, lorsque le gouvernement paie pour un service, on parle à tort de gratuité. Si quelqu’un t’achète une crème glacée, ta crème glacée n’est pas gratuite. Si collectivement on fait le choix de payer pour des soins de santé (ou pour l’éducation post-secondaire mettons), ça ne fait pas en sorte que ce soit « gratuit ». Les gens qui offriront le service en question seront évidemment payés pour le travail qu’ils feront. C’est un travail bien utile, ça aide des gens, mais ce n’est pas une œuvre de charité. Un urgentologue sauve peut-être des vies, mais il reçoit son chèque de paye en bout de ligne aussi (certains médecins sont motivés par leur altruisme et leur amour de l’humanité, mais d’autres le sont par leur chèque de paye). Même si le client ne le paie pas directement, il représente tout de même une source de revenus pour lui à chaque fois qu’il sort sa carte-soleil.

Les cliniques de fertilité ont toujours été des entreprises à but lucratif. Les gens qui les fréquentaient avant l’avènement de la « gratuité » savent bien combien il en coutait pour une fécondation in vitro ou une insémination artificielle. À partir du moment où la carte-soleil est devenue un « mode de paiement » accepté, on a arrêté de voir ce qu’il en coutait réellement. Il n’est reste pas moins que dans toute cette histoire, ce sont les médecins propriétaires des cliniques de fertilité qui ont fait de bonnes affaires…

Quand un parent intentionnel se présente en clinique de fertilité, c’est lui le client, c’est lui le patron. Le produit qu’il demande, quoi qu’on en dise, c’est un enfant; le produit qu’on lui vend, quoi qu’on en dise, c’est un bébé. Ultimement. Personne ne veut subir des traitements de fertilité juste pour le fun de se mettre les pieds dans les étriers pour se faire jouer dans l’utérus avec des aiguilles longues de même, ou pour le trip de vivre les bouffées de chaleur, sautes d’humeur et autres joyeux symptômes associés à la prise d’hormones. Une fois qu’un enfant est conçu, les cliniques ne font pas de suivi. Elles n’ont aucun intérêt pour nous, les enfants de la procréation assistée. Après tout, elles nous ont conçus et vendus sans scrupules au plus offrant, comme on le fait pour des chiots d’animalerie.

On croit à tort que plus un enfant est désiré, plus il sera aimé de ses parents. On pense rarement qu’un enfant qui a été « obtenu » suite à de grands efforts (et à beaucoup d’argent) pourrait ressentir une certaine pression de la part de ses parents et/ou de la société. Or, aussi difficile qu’a pu être notre conception, on n’a pas demandé à venir au monde. Je dis souvent que si je n’étais jamais venue au monde, ça aurait causé plus de tort et de chagrin à mes parents qu’à moi (ceci dit, comme la majorité des gens, je suis très contente d’être en vie!). Ma vie a commencé après les démarches de mes parents, ce n’est pas moi qui ai mis du temps à venir…

Les cliniques n’ont pas intérêt à ce que les enfants de la procréation assistée donnent leur opinion sur le sujet. Cela risquerait de les forcer à mettre en place des programmes de suivi, des registres, à se soumettre à un contrôle extérieur. Les médecins de l’industrie de la fertilité ont un puissant lobby pour leur garantir toute liberté d’action et de contrôle. Les parents intentionnels ont peut-être un peu de poids dans la balance parce qu’ils représentent leur principale clientèle, mais les enfants qu’ils conçoivent sont une nuisance lorsqu’ils prennent leur destin en main. Les conseils donnés aux parents au moment de la conception ne visent pas à nous apporter un plus grand bien-être, mais plutôt à ce qu’on prenne conscience le plus tard possible (idéalement jamais) qu’il y a quelque chose qui cloche.

Vous devinerez que j’en veux beaucoup plus aux médecins qu’aux parents intentionnels qui sont souvent manipulés par eux. Je bouille chaque fois que j’entends un médecin dire que la levée de l’anonymat des « donneurs » mettrait les banques de sperme à sec (alors que ce n’est pas du tout ce qui est arrivé dans les nombreux pays qui ont fait ce choix, même lorsque la rémunération est interdite). Ma colère est encore plus intense lorsque des « fertologues » affirment que de concevoir un enfant artificiellement est rentable si on considère que ce dernier contribuera à la société en payant taxes et impôts au cours de sa vie (voir mon texte à ce sujet ici, j’en parle à la fin) . Ces arguments sont ensuite repris par les parents en mal d’enfants qui ne se rendent pas compte du mal que ces idées font.

Depuis que les dépassements de couts du programme de procréation assistée font les manchettes, je vois de plus en plus de commentaires disant que la procréation assistée coute trop cher aux contribuables. Je vois aussi de plus en plus de personnes réclamer le « droit à l’enfant » comme s’il s’agissait du salaire minimum, d’un « service essentiel ». Est-ce qu’on se rend compte à quel point ce type de discours objective l’enfant?

Je n’aime pas être considérée comme un produit de consommation. Je n’ai rien à voir avec les difficultés à concevoir de mes parents, je n’ai pas à porter le poids de leur souffrance et de leurs efforts. Oui, j’ai été « produite » en laboratoire, je ne serais pas là si ça n’avait pas eu lieu et je n’étais pas là quand ça s’est fait. Ceci dit, maintenant que je suis au monde, je n’appartiens à personne, et j’ai le droit de penser toute seule, d’exprimer ce que je ressens ou de me révolter indépendamment de ce que ça peut faire à mes parents. Je n’ai pas à être reconnaissante envers les personnes qui m’ont conçue, elles l’ont fait pour elles, pas pour moi. Mes parents pour avoir le bonheur d’avoir un enfant, les médecins pour faire leurs versements d’hypothèque de chalet. Même le « donneur » a été grassement dédommagé pour sa contribution. Je suis le produit d’une industrie, et ça ne me plait absolument pas, peu importe comment on retourne la question.

Soyez l’allié de votre enfant!

Avant de prendre votre décision, prenez le temps de consulter des personnes qui n’ont pas d’intérêt dans votre projet parental. Trouvez des adultes issus de « dons » de gamètes, lisez leurs blogues (et aussi ce post, tant qu’à y être!). Considérez que l’opinion de votre enfant ne sera pas la même que la vôtre, car son point de vue est totalement différent, et acceptez-le tel qu’il sera, tel qu’il évoluera. Assumez ce que vous faites, acceptez de vous remettre en question dans vos convictions profondes, plusieurs fois. Supportez votre enfant, éveillez sa curiosité, soyez sensible à ce qu’il ressent et fournissez-lui une aide extérieure à vous s’il en ressent le besoin.

Vous pourrez être un excellent parent, j’en suis convaincue, mais personne n’est parfait!

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Homosexuels, mères porteuses et remboursement de la RAMQ: on oublie le principal…

Ce matin, l’histoire de Joël Legendre et des deux filles qu’il attend avec son conjoint est partout. Pour faire une histoire courte, Joël Legendre est une personnalité bien connue de la télévision québécoise. Son conjoint et lui ont fait appel aux services d’une mère porteuse ainsi qu’à une donneuse d’ovules afin de réaliser leur projet parental. Ils ont aussi pu bénéficier du programme québécois de procréation assistée afin de remboursement les couts liés à leurs « traitements » d’infertilité. Les deux filles naitront cet été.

En ce moment, chacun y va de son opinion: « Pourquoi est-ce que la RAMQ (et donc, les contribuables) devrait payer pour un couple homosexuel qui n’a pas de problème de fertilité reconnu? » « Si l’infertilité est une maladie, l’homosexualité n’en est pas une. » « Un couple formé de deux hommes ne pourra jamais donner un modèle féminin adéquat pour ses enfants. » « Pourquoi est-ce qu’ils n’adoptent pas l’un des milliers d’enfants abandonnés dans le monde. », etc. Je suis outrée par toutes ces remarques, mais probablement pas pour les mêmes raisons que le commun des mortels. Dans ce stupide débat, on oublie les principaux intéressés là-dedans: les personnes qui seront issues de cette « opération ». Car peu importe ce qu’on dit, les deux filles de Joël Legendre naitront, grandiront et auront à affronter de nombreux défis qu’on n’ose même pas considérer. Elles ne sont pas encore nées, certes, mais de nombreuses personnes sont nées déjà de la procréation assistée; certaines ne le savent même pas, un très grand nombre est aujourd’hui adulte, plusieurs sont à leur tour parents et même grand-parents. Cependant, une fois leur joli minois de bébé immortalisé sur la murale de la clinique de procréation assistée, on ne les voit plus, on ne veut plus en entendre parler. Sachez-le, ça grandit ces bêtes-là! Nous ne restons pas à jamais des bébés, même si c’est ce que l’industrie de la fertilité veut faire croire aux parents; nous grandissons, nous apprenons, nous développons un esprit critique et nous avons des opinions qui diffèrent souvent de celles de nos parents. Ce que je souhaite par-dessus tout, c’est qu’on prenne compte de l’expérience que nous avons vécue en tant qu’enfants de la procréation assistée dans l’élaboration des politiques, des règlements et des lois en lien avec la filiation et la procréation.

En tant qu’enfant de la reproduction avec l’apport d’une tierce partie, je me sens interpelée par cette histoire. Je suis à la fois excitée de voir que les médias se tournent vers cette problématique complexe et frustrée de la voir simplifiée à l’extrême par l’opinion publique. En vérité, je suis consciente que mon opinion ne vaut pas plus que celle de n’importe qui, mais c’est plus fort que moi, il faut que j’en parle. Je n’ai pas le pouvoir de changer le monde, mais si je peux faire naitre ne serait-ce qu’une once de doute dans l’esprit de ceux qui élaborent les politiques, des intervenants de l’industrie de la fertilité, de ceux qui considèrent faire appel à des technologies de reproduction pour fonder leur famille, de ceux qui l’ont déjà fait, j’aurai accompli quelque chose. J’en ai assez de rester dans l’ombre, de me taire et de mentir par omission pour soi-disant respecter les choix des autres. J’ai envie d’être fière de ce que je suis, une bâtarde nouveau genre qui réclame son droit d’exister en tant que telle pour elle-même et de savoir d’où elle vient réellement. Une bâtarde qui va bientôt mettre au monde un enfant à qui elle refuse de mentir.

Chaque fois que la procréation assistée vient sur le tapis, je me sens hyper concernée, et totalement mise de côté. L’opinion publique n’en a que pour les parents intentionnels, pour leur désir de se reproduire, pour les embuches qu’ils vont rencontrer, pour leur « droit à l’enfant ». Des contribuables sont outrés de payer pour combler leurs moindres désirs alors que le système de santé peine à répondre aux besoins des plus mal en point. D’autres renchérissent que les « bébés » de la procréation assistée contribueront  contrer la dénatalité, deviendront des payeurs de taxes à leur tour et pourront ainsi payer leur dette à la société (wow! j’en ai du poids sur les épaules moi!). Du coup, j’ai l’impression que mon existence n’est plus légitime pour certains, que j’ai une dette existentielle envers la société, que je lui appartiens et que je dois me taire parce que les autres savent tellement mieux que moi ce qui est bon pour moi. Après tout, je ne suis qu’un bébé-éprouvette, ce débat ne me concerne pas.

Mais je m’éloigne, et tant qu’à donner mon opinion sur une situation en particulier, je ferais mieux de ne pas m’égarer.

Homosexuels, mères célibataires par choix et procréation assistée

Les homosexuels ont le droit d’être parents. Ils font parfois de bien meilleurs parents que certains hétéros, n’en déplaise à tous les conservateurs de ce monde. Si j’ai quelque chose contre l’industrie de la fertilité, ce n’est pas parce qu’elle permet à des gais d’avoir des enfants. C’est surtout parce que sous le couvert de l’altruisme et de la médecine, cette industrie fait des millions sans se préoccuper du bien-être des personnes qu’elle crée. Les couples infertiles, les homosexuels en mal d’enfants et les mères célibataires par choix sont des victimes d’une industrie sans cœur qui se préoccupe beaucoup plus de son chiffre d’affaire que des réels impacts qu’elle a sur la société.

À la base, il y a trois choses qui me dérangent dans la reproduction avec l’apport d’une tierce partie: d’abord, le secret et/ou le mensonge sur ses origines qu’on fait souvent à l’enfant, ensuite, l’anonymat des fournisseurs de gamètes et le mutisme des intervenants sous le prétexte du « secret professionnel », et enfin, l’aspect mercantile souvent non-avoué de toutes les procédures.

Dans le cas des homosexuels et des mères célibataires par choix, le premier problème est souvent absent. C’est difficile de faire croire à un enfant que l’un de ses papas l’a porté dans son ventre, ou qu’une de ses mamans a réussi à produire du sperme. Les parents peuvent inventer une histoire abracadabrante, mais ce serait se compliquer la vie inutilement. Le jour où on explique à l’enfant comment on fait les bébés, il faut lui dire la vérité. Je pense que l’accès des homosexuels à la procréation assistée a grandement contribué à faire en sorte qu’on en convienne qu’il est plus sain de dire la vérité, tôt et souvent, aux enfants. Pour cela, je suis reconnaissante envers ces gens qui savent plus que tout ce que c’est que de se battre pour faire reconnaitre leurs droits.

Par contre, les deux autres problèmes restent entiers. Un couple homosexuel peut demander d’avoir un « donneur » non anonyme, mais il doit payer beaucoup plus cher et on lui fait croire qu’il devra vivre avec « les conséquences juridiques » d’un tel choix. Pas très invitant… Il peut aussi choisir une personne de leur entourage qui accepte de les aider à réaliser leur projet parental, mais là encore, ça peut être très compliqué sur le plan juridique. Par peur de représailles, par peur de voir un inconnu débarquer dans leur décor familial, ils choisissent de prendre un « donneur » anonyme et créent un flou total au niveau des origines biologiques de l’enfant, flou qui pourrait avoir d’importantes conséquences sur la construction de son identité. Mais peu importe; ils auront un enfant « à eux » (ça me fait capoter de voir à quel point on considère le certificat de naissance plus comme un certificat de propriété). Que ce soit la RAMQ qui paye ou que ce soit le couple, ça ne m’importe pas vraiment; il y a bel et bien échange d’argent dans le processus. Les « donneurs » sont grassement « dédommagés » (parce que tsé, ils subissent un « dommage » en se branlant dans un p’tit pot), les médecins font leur pain et leur beurre avec les traitements d’infertilité. On nous désire, on nous produit, on nous achète et on nous possède, comme on le fait pour une paire de jeans ou un chiot d’animalerie. Et ça, ça transcende l’orientation sexuelle, quoi qu’on en dise.

Mères porteuses

Si l’insémination artificielle avec le sperme d’un géniteur étranger est relativement bien acceptée dans notre morale collective, il n’en est pas de même avec la gestation pour autrui. Lorsqu’il manque un élément masculin au projet parental, c’est physiquement assez simple de remédier à la situation. C’est une autre histoire quand c’est un élément féminin qui fait défaut. Le prélèvement d’ovules en vue d’une fécondation in vitro est une opération très invasive et risquée pour une femme. C’est fort différent d’une branlette pour obtenir quelques gouttes de sperme. Quant à la gestation pour autrui, il est évident que cette pratique comporte de grandes contraintes pour une femme.

De mon point de vue, la situation est très tordue. Dans ma vie, j’ai eu à faire la part des choses entre mon père social et mon père biologique (qu’il vaudrait mieux appeler géniteur ou peut-être même « donneur » tout dépendant envers qui on souhaite être politiquement correct). Lequel est mon « vrai » père? Est-ce que mon père social est mon père adoptif? Si je n’ai pas été adoptée, je n’ai pas été abandonnée, or, cet homme qui a « donné » son sperme pour me créer, est-ce qu’il s’en fiche vraiment de mon existence? La communauté de personnes issues de « donneurs » a régulièrement de grandes discussions sur l’utilisation de termes pour désigner les liens qui les unissent à leur famille. La langue n’est pas claire là-dessus, c’est signe que les concepts sont flous. Difficile pour une enfant, une adolescente et même une adulte d’y faire la part des choses. Dans le cas de la gestation pour autrui, on a possiblement une mère sociale, un père biologique, un père social/adoptif, une mère gestationnelle, une mère biologique. Même si on explique très bien la chose à la personne qui en sera issue, je suis certaine que ça te mets un bordel épouvantable dans la tête.

L’enfant aura beau être bien traité par ses parents intentionnels, il restera toujours une crainte de blesser ceux qui l’ont fait vivre en prenant position sur le sujet ou en manifestant une certaine confusion à cet égard. Si moi qui n’ai jamais connu mon géniteur de mon vivant, je me sens abandonnée par lui à certains égards, j’imagine qu’un enfant qui a été porté 9 mois par une femme qui ne le désirait pas doit ressentir une certaine forme d’abandon. Un double abandon si on considère sa mère génétique. La grossesse a beau avoir lieu dans un élan de générosité, d’altruisme et de don de soi, cet élan est dirigé vers les parents intentionnels, pas vers l’enfant. Le « donneur » de sperme et la mère porteuse agissent en premier lieu dans l’intérêt de ceux qui souhaitent avoir des enfants, et doivent faire abstraction du lien qui les unira inévitablement à l’enfant à naitre.

On peut dire que la gestation pour autrui est une forme d’exploitation du corps de la femme, mais ce point m’intéresse peu à l’heure actuelle. Je pense en fonction de la personne qui est mise au monde. On ne se sent pas très important lorsqu’on sait que notre mère gestationnelle a accepté une somme d’argent pour renoncer à ses obligations parentales. Je ne crois pas que c’est mieux si elle l’a fait gratuitement. Dans tous les cas, on objective l’enfant, la personne. Le droit à l’enfant prime sur les droits de l’enfant. L’enfant vit un abandon qu’il n’a pas le droit d’exprimer, que personne ne considère légitime. Et ça le suit toute sa vie.

Les personnes adoptées ont (encore trop peu) accès à des services pour les aider à surmonter l’abandon qu’elles ont subi. On reconnait leur besoin de faire le deuil de leur famille biologique, on supporte (encore trop peu également) les familles adoptantes pour que la transition soit faite le plus sainement possible. Des études longitudinales ont été faites afin de déterminer les facteurs qui permettent à l’enfant adopté de devenir un adulte heureux et équilibré. Au Québec, il est possible d’entreprendre des démarches de retrouvailles pour ceux qui sentent le besoin de le faire. L’émission de Claire Lamarche a touché je ne sais combien de québécois qui n’ont même pas de lien avec l’adoption.

Rien de tout cela n’est disponible pour les personnes issues de la procréation assistée. Les études couteraient trop cher à faire et risqueraient de forcer les cliniques de procréation assistée à se soumettre à une réglementation plus rigide, à changer leurs façons de faire. Et ça, ça diminuerait leur chiffre d’affaire…

Finalement, qui paye?

Au final, comme je l’ai mentionné plus haut, ça n’a pas d’importance de savoir qui paye pour concevoir la personne à naitre. Le problème, c’est justement que quelqu’un paye, et que personne ne veuille payer.

Il est illusoire de croire que la procréation assistée pourrait un jour être interdite. Il est également illusoire de croire qu’elle peut être gratuite et accessible à tous. Il faut vivre avec cela et essayer de faire du mieux qu’on peut pour ceux qui s’en viennent.

Quand je lis des commentaires sur internet qui sous-entendent que j’ai couté trop cher à l’État, ça me blesse, assez pour préférer ne jamais être venue au monde et devoir payer ma dette existentielle. Quand je lis des commentaires qui m’accusent indirectement d’avoir pris la place d’un pauvre enfant de la DPJ abandonné, je perds la foi en l’humanité en moi, je me sens comme un monstre. Et quand on m’accuse d’ingratitude envers mes parents sociaux quand j’ose verbaliser ce qui me ronge de l’intérieur, j’ai envie de me laisser mourir. C’est parfois difficile pour moi de trouver ma place dans ce monde, d’assumer pleinement ce que je suis sans l’avoir choisi.

La RAMQ a payé pour tous les tests que mes parents ont passé, pour toutes les interventions qu’ils ont subies dans le but de devenir parents. En 1983, on donnait 25$ aux « donneurs » pour leur « contribution » (quand on donne du sang, en comparaison, on reçoit un biscuit et un verre de jus). Une fois que ma mère est devenue enceinte, elle est passée dans le système « normal »; aucun suivi particulier, aucun support psychologique pour savoir quoi me dire et comment me le dire. On a fait comme si j’étais normale.

La RAMQ n’a pas payé pour les psychothérapies que j’ai suivi enfant. La RAMQ a cependant payé lorsque j’ai été hospitalisée à 17 ans suite à une tentative de suicide; mais elle n’a pas payé mon transport en ambulance. La RAMQ ne paie pas pour la psychothérapie que je fais encore pour essayer de garder ma tête hors de l’eau quand j’ai du mal à trouver ma place dans le monde. Elle n’a pas payé les tests d’ADN que j’ai choisi de faire pour avoir une idée de mes origines et vérifier si j’ai une centaine de demi-frères/sœurs qui se baladent dans la nature.

L’hôpital où j’ai été conçu n’a gardé aucune trace de cet événement. Les dossiers ont été détruits avant même que je ne sache la vérité. Si je me pointe à l’actuelle clinique de procréation assistée du CHUM, on me renvoie poliment aux archives médicales avec un « bonne chance » qui en dit long sur mes chances d’obtenir la moindre information. On me dit que les choses ont changé aujourd’hui, mais en réalité, pour avoir fait un tour dans le système en tant que patiente cliente, je sais que ce n’est pas bien différent. Les personnes issues de la procréation assistée n’ont aucun poids dans la balance. On suppose que tout va bien.

Alors, qui paie le plus? En argent, c’est nous tous, en couts humains, c’est une autre histoire.

Un peu d’espoir…

Pour en revenir à Joël Legendre, j’ose espérer que ses filles trouveront leur place dans la société malgré qu’elles soient déjà, avant leur naissance, instrumentalisées à outrance (et je suis en quelque sorte coupable de surfer sur la nouvelle, je l’admets). J’espère qu’elles auront le droit d’avoir une opinion qui leur est propre. J’espère aussi qu’elles auront l’opportunité de connaitre l’identité des femmes qui ont permis à leurs pères de réaliser leurs ambitions parentales. Et je souhaite de tout cœur qu’elles auront le support moral et psychologique nécessaire lorsqu’elles devront affronter les nombreuses crises identitaires qui les attendent.

Pour le reste du monde qui se questionne sur le programme québécois de procréation assistée, sachez que le Commissaire à la Santé et au Bien-être remettra bientôt son rapport en lien avec la consultation publique qu’il a menée à ce sujet au printemps dernier. Peut-être y trouverons-nous des réponses à nos interrogations…

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