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Love wins!

Un grand pas vient d’être franchi aux États-Unis: le mariage entre conjoints de même sexe est légal à la grandeur du pays, et je m’en réjouis sincèrement. Pour plusieurs activistes étasuniens du droit des personnes issues de la procréation assistée, cette nouvelle n’a rien de réjouissant. On croit (à tort selon moi) que le droit à l’enfant supplantera le droit des enfants à connaître leurs origines, et ce, au nom de l’égalité. Je pense que cette manière de réfléchir est néfaste. Après tout, c’est depuis que les homosexuels ont accès à la procréation assistée qu’on croit qu’il est mieux de nous dire la vérité.

Les couples homosexuels qui ont recours au don de gamètes pour fonder une famille n’inventent généralement pas d’histoires à leurs enfants. Ils sont aussi sensibles au besoin de leur enfant de connaître d’où il vient. En général, je pense que les homosexuels ont contribué à améliorer les normes éthiques en procréation assistée et ils vont sans doute continuer à le faire.

Croire que de légaliser le mariage gai va inévitablement mener à des dérives en procréation assistée, c’est un peu croire que l’unique but du mariage, c’est d’avoir des enfants. Or, c’est en pensant ainsi qu’on a développé une panoplie de services pour les couples infertiles. Ce sont ces mêmes couples qui ont cru bon de cacher leur infertilité parce qu’elle était supposément honteuse (pfff! même pas capable de consommer ton mariage, ça fait pitié!), et donc de mentir à leur enfant au sujet de leur conception et de leurs origines. Les problèmes qui sont venus avec la procréation assistée ne viennent pas des couples gais, mais bien des couples infertiles.

Mais bon, en réalité, il n’y a vraiment pas de quoi s’insurger. Le mariage, c’est quoi en fin de compte? C’est reconnaître l’amour d’un point de vue légal. Rien de bien glamour, de si magique en soi. Si l’amour des couples homosexuels est enfin reconnu, si ceux-ci peuvent enfin élever leurs enfants sans trop de tracasseries administratives, peut-être prendront-ils le temps de demander des comptes à l’industrie de la fertilité. Peut-être seront-ils plus fiers de raconter leur histoire à leurs enfants, qui oseront s’afficher comme tels. Et peut-être que les couples infertiles prendront exemple sur eux, seront plus honnête envers leur progéniture et cesseront d’être autant stigmatisés par ceux qui croient que l’unique but du mariage, c’est de se reproduire. J’ose rêver, en attendant d’être invitée à un mariage chez nos voisins du Sud, que l’amour, quel qu’il soit, triomphera toujours…

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Le père social

On reproche souvent aux personnes conçues par procréation assistée l’utilisation du terme « père social » pour désigner l’homme qui nous a élevé sans avoir de lien génétique avec nous. Ce terme serait offensant pour la personne qui nous a élevé comme si nous étions de leur sang. Cependant, je ne connais à l’heure actuelle aucun terme qui désigne cette réalité.

« Vrai père » porte à confusion selon si on se trouve du côté de la biologie ou de la famille, et « faux père » comporte le même problème en plus d’être réellement offensant. « Père adoptif » n’est pas non plus représentatif de la réalité. Je n’ai pas été adoptée.

Bien entendu, dans la vie de tous les jour, je parle simplement de mon « père », par opposition à mon père biologique. Mais dans un contexte où je parle de ma réalité de descendante de la procréation assistée, je dois faire une distinction. Mon père social est mon père aux yeux de la société, mon père biologique est mon père aux yeux de la biologie. Qu’on accorde plus d’importance à l’une ou à l’autre m’importe peu, car selon moi, ces termes sont justes, tout simplement.

Dans une situation où notre point de vue n’est pas encore pris en compte par la majorité, il est important de se donner des termes justes pour exprimer clairement ce que nous ressentons. Un père social n’en est pas moins un père à mon avis, et s’il pense autrement, c’est dans sa perception du don de gamètes qu’il doit chercher des réponses…

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Vous avez dit des normes?

Quand je parle des dérives potentielles de la conception avec l’apport d’une tierce partie à des gens qui envisagent cette méthode pour devenir parents, on me dit souvent que les problèmes que je soulève sont inexistants, que tout cela est « très contrôlé » par des lois et des règlements, et qu’aucune clinique, aucun médecin ne risquerait son droit de pratique en y dérogeant. Regardons donc de plus près ce qui encadre le don de gamètes au Québec…

Il y a bel et bien une loi au Québec en matière de procréation assistée. Toutefois, cette loi n’indique pas de nombre maximum de descendances qu’un « donneur » peut engendrer. À ce titre, il n’y a que des guides de bonnes pratiques qui peuvent être appliquées, mais tout ceci est laissé à la discrétion des centres, et absolument rien n’est vérifié en matière de dons de gamètes.

À l’heure actuelle, il n’y a pas vraiment de banque de sperme québécoise. Certains centres disent en avoir, mais elles sont souvent très peu de « donneurs » et répondent à la demande en achetant de banques canadiennes ou étasuniennes (les banques canadiennes s’approvisionnent aussi souvent aux États-Unis). On se retrouve donc avec des « donneurs rémunérés », sélectionnés selon les normes et les lois en vigueur chez nos voisins du Sud; des paillettes congelées qui voyagent d’un centre à l’autre selon certains accords plus ou moins organisés et avec une traçabilité douteuse. Or, il n’y a pas de lois sur la procréation assistée au pays de l’oncle Sam. Certains états peuvent légiférer en la matière, mais grosso modo, c’est le far west.

L’American Society of Reproductive Medicine a bel et bien un « guide de bonnes pratiques » que chacun est libre de respecter ou pas. En termes de nombre de descendances possibles par « donneur », on recommanderait un maximum de 25 enfants par tranche de 800 000 de population. Pas si pire pourrait-on croire…

Cela signifie qu’au Québec seulement, un « donneur étasunien » pourrait avoir 255 enfants. On est loin des familles supposément nombreuses de nos arrières grand-mères! Et ce n’est pas tout; le même homme pourrait également avoir 258 enfants dans la ville de New-York, 425 en Ontario et 1198 en Californie. Tout cela en respectant un guide de « bonnes pratiques ».

Imaginez que vous réalisez un bon matin que vous êtes l’un de ces enfants…

Si notre province est si « en avance » avec son programme « gratuit » et « universel » de procréation assistée, pourquoi ne légifère-t-elle pas en la matière au lieu de laisser aller au gré des lois du marché un problème qui pourrait bien vite affecter la santé publique?

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