Archives mensuelles : juin 2019

Spécial toute sa vie

« Tout ce dont un enfant a besoin dans la vie, c’est de l’amour. » Mentionnez cette phrase dans un party de Noël familial et vous verrez vos interlocuteurs opiner en murmurant: »C’est bien vrai! ». Pourtant, ça ne prend pas un baccalauréat pour savoir qu’un humain ne vit pas d’amour et d’eau fraiche. On a beau aimer notre progéniture, l’avoir désirée du plus profond de notre être, on va faire des erreurs de parents. On cherche toujours à les éviter, mais des fois, on a besoin de se rassurer, de se faire dire que tout va bien aller, qu’on a fait de notre mieux. Cette phrase sert à ça…nous déculpabiliser. Et la majorité du temps, on en a bien besoin, parce que les parents parfaits, ça n’existe pas.

Parenthèse: Je suis quand même dubitative sur l’évocation de l’imperfection parentale à toutes les sauces. C’est correct de choisir ses guerres, d’être dépassé certains jours, de faire manger des cochonneries à ses enfants, de leur faire croire au Père Noël, de leur faire une assiette de pâtes blanches parce qu’ils ne veulent pas manger le menu du jour, de leur dire NON sans explication; ça ne va pas les traumatiser toute leur vie, la plupart des enfants de leur âge va avoir vécu quelque chose de similaire. Par contre, il y a des choses sur lesquelles on s’entend qu’il n’y a pas de concession à faire, par exemple, quand il s’agit de la sécurité, du développement et des besoins primaires d’un enfant. Fin de la parenthèse.

Ce que j’essaie de dire, c’est que de désirer un enfant pendant un nombre X d’années ne fait pas de vous des meilleurs parents. Ça ne vous rend pas plus aimant. Si vous avez emprunté un chemin semé d’embûches pour devenir parents, vous allez être parents au même titre que les autres. Votre enfant ne vous en devra pas une parce qu’il a mis du temps à s’incarner. Bien sur, il sera spécial à vos yeux. Mais si vous avez du introduire l’apport d’une tierce partie à votre projet parental, sachez que votre enfant, il sera spécial toute sa vie. Et ce ne sera pas toujours positif.

Alors que vous ne penserez probablement plus aux difficultés rencontrées pour mettre au monde cette petite boule d’amour, elle, elle se demandera d’où elle vient, pourquoi, comment… Une fois qu’elle aura quitté le nid familial, votre progéniture se fera demander d’innombrables fois quels sont ses antécédents médicaux, et remettra souvent en cause la présomption de perfection des « donneurs » de sperme.

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L’arbre généalogique: un exercice dépassé

La première fois que c’est arrivé, c’était en 1994. À l’époque, je ne savais pas encore. Je suis revenue de l’école avec un devoir à faire avec mes parents: remplir un arbre généalogique avec le nom de mes parents, de leurs parents, de leurs grand-parents et arrière-grand-parents. À ce moment, c’était simple pour moi de le faire, mais ça avait causé quelques problèmes pour d’autres enfants de ma classe. Il y avait au moins un enfant en famille d’accueil et un dont le père était disparu dans la brume depuis belle lurette. Et aussi, celui dont les parents étaient divorcés (ils étaient encore en minorité à l’époque) qui était chez son père cette journée-là et qui n’a pas pu remplir le côté de sa mère…

Plus tard, à l’adolescence, je suis retombée sur ce travail que j’avais fait à l’école, et j’ai été très ébranlée. Foutaise! que je me disais…

Cette feuille-là m’a quand même été fort utile pour effectuer mes recherches généalogiques, notamment en me permettant d’éliminer les matches d’ADN du côté maternel. Mais je crois que de faire faire un arbre généalogique à des enfants à l’école, ça devrait être proscrit. C’est une pratique beaucoup trop discriminatoire.

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